Encadrement ou management ?
Jusqu'à aujourd'hui l'administration recrutait ses cadres supérieurs par sélection et promotion internes. Elle s'est désormais engagée également dans la voie du recrutement extérieur (I.E.P. Paris, E.N.A., Grandes Écoles) à partir du grade d'inspecteur principal.
Volonté de diversification ou plutôt obligation de pallier le manque d'attrait de la carrière ?
Parce qu'il est de moins en moins facile aujourd'hui d'être un cadre supérieur.
Initialement et idéalement, le cadre supérieur (d'inspecteur régional à directeur interrégional) devait encadrer, organiser et décider.
Aujourd'hui il « manage », pilote et arbitre des décisions prises en très haut lieu.
Initialement et idéalement, le cadre supérieur devait avoir de solides connaissances, une capacité de réflexion et un esprit d'animation des services.
Aujourd'hui il lui faut servir des indicateurs, piloter des masses budgétaires et gérer la pénurie des « ressources humaines ».
Autrefois dirigeant et capable de confronter son avis à celui de sa hiérarchie, le cadre supérieur est devenu de nos jours un exécutant du politique, parfois servile pour certains, mais aussi un peu malgré lui pour d'autres.
La CFTC n'est pas opposée au principe même de la réforme, car la réforme c'est le mouvement, et le mouvement c'est la vie.
Mais les réformes modernes ne visent bien souvent qu'à diminuer les effectifs et les moyens. Il ne s'agit plus simplement de modifier, mais de réduire, puis de supprimer ; bref, de s'autodétruire !
Au quotidien il faut gérer la pénurie et cela entraîne des tensions, perceptibles dans de nombreux services. On ne s'embarrasse plus de respect avec les agents : il faut faire tourner la boutique tout en appliquant les réformes qui se succèdent à un rythme effréné, quitte à mentir pour y arriver.
Il n'est plus question de faire adhérer les personnels, il faut les contraindre. Situations difficiles à vivre pour les agents, mais aussi pour certains cadres supérieurs qui ne sont pas persuadés du bien fondé des politiques qu'ils doivent imposer.
Si la CFTC se doit d'accompagner et de défendre les agents impactés (le mot est révélateur!), il lui appartient avant tout de dénoncer ces méthodes de gestion issues du secteur privé et soutenues par une idéologie qui fait peu de cas du véritable dialogue social, ou tout simplement du facteur humain.
CFTC-Douanes : sur un autre ton.